17SWORDS dont la première preuve est clairecros.com a été créé pour proposer gratuitement au public des textes dont le fond et la forme les rendent impubliables par les canaux officiels et inacceptables par les médias, en France.
Sauf Cendrillon, la première version de ces textes a bien été publiée et tuée le jour suivant par leurs éditeurs même et les médias. Depuis, chaque texte a été abouti à son ultime version, libéré, et librement. 20 années séparent le premier manuscrit envoyé de la décision de mettre en ligne gratuitement 11 400 pages, pour accéder au seul pour lequel elles sont écrites : le public, mais aussi pour que le public y accède.

17SWORDS soutient que s’il a pu exister des visionnaires, il n’y a jamais eu d’avant-gardistes, mais des époques où la société coïncide avec son reflet artistique, et d’autres où il apparaît trop tard, soit que ceux qui doivent le fournir à temps à la société sont les plus incapables de le reconnaître, donc de l’imprimer, le produire, l’exposer, le soutenir, parce qu’ils n’ont plus aucune idée, pas plus les élites, de qui est la société, dont eux-mêmes, soit que les producteurs et pouvoirs censurent volontairement l’unique art contemporain qui les accuse et menace leur structure, soit que les pouvoirs producteurs imposent leur propre art et convainquent la société qu’il est son reflet. Blanc, entre autres, démontre pourquoi le XXIe siècle français n’a pas de reflet pour ces trois dernières raisons simultanées et comment il en subit toutes les conséquences.
Internet permet de corriger la désynchronisation, la non conscience, la censure et la propagande.
Cependant, alors qu’internet est le moyen de contourner les institutions, il est visible, internationalement, que ce monstre medium se fige dans ses propres carcans techniques, précoces et inquiétants. L’uniformisation le guette, l’esthétique doit plier devant le graphisme unique. clairecros.com est un certain exploit de design réalisé malgré et contre les normes et les insuffisances catastrophiques, pour la création, d’un espace qui se prétend universel. 17SWORDS existe donc fragilement, tenant, sans moyens, encore entrouverte une ultime porte. La production et la diffusion artistique et littéraire par la fluide matière numérique restent précaire et sans évidence.

17SWORDS a choisi la gratuité de ses produits. Celle-ci inspire une petite terreur sociale, semble irréaliste, sait inspirer la méfiance et la plus grande incompréhension jugeant qu’elle dévalorise d’office un contenu. Mais son choix, ici, n’a que deux raisons : effacer la dernière distance entre texte et public, préserver la liberté des textes. Au lecteur de donner une valeur symbolique, de s’engager à devenir mécène.

17SWORDS n’a rien à perdre. Aujourd’hui, ce genre d’argument est l’un des plus dangereux au monde. Il n’y a sans doute pas de hasard si la création décide de se livrer à perte, horrifiant parfois de ses convictions, pour faire entendre sa voix, dans un temps où le pire a le même concept. 17SWORDS ne devra sa survie et sa liberté qu’à l’élection du public.
Alors, Public : à vous.