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Ci-gît Paris
public : jeunes adultes/adultes
volume : 145 pages, 36.6 Mo
genre : essai
horizons : analyse, critique, littérature, médias
isbn : 979-10-94426-10-4

contexte

En 2005, dès le printemps, on ne parla plus que d’un seul livre attendu pour la rentrée littéraire de septembre. Tout l’été, ce texte secret fut le sujet vide de toutes les conversations du petit monde littéraire et des médias concernés et ne fut donné à lire qu’à quatre «figures» critiques, prescriptrices, qui elles-mêmes devaient garder le silence.
Et la rentrée littéraire n’eut bien qu’un seul livre, La Possibilité d’une île de Houellebecq. Les critiques, embarquées, manipulées, flattées jusqu’à l’outrance, ne virent que leur orgueil et rien de leur pathétique humiliation. Mais c’était ça ou devoir réviser 50 ans de littérature française et de sa réception, donc procéder à leur propre procès et à leur condamnation.

Les pays qui n’ont qu’un livre sont rarement des démocraties ; la littérature n’y est que propagande.

Depuis, rien, toujours pour la même raison : le refus conscient et obtus, l’aveuglement volontaire pour préserver titres, réputations, statuts et secrets, à moins de causer l’effondrement du système incestueux édition/médias et ouvrir les portes à un flux massif et dévastateur de réalisme et à l’effroi de la nouveauté.
Et un Goncourt a « enfin » échoué, en 2010, à l’auteur des Particules élémentaires, un événement comique et déraisonnable voire dangereux, non pour le prix en soi, dont la définition ne lui donnent et ne donnent à son choix aucune valeur depuis toujours, mais pour la fantastique union sacrée de tous les médias qui se sont agenouillés devant «leur» chef-d’œuvre, un roman peiné et insipide, le plébiscitant à perdre haleine, prêts à mordre quiconque émettait un avis négatif. D’ailleurs, il n’y en a eu qu’un.
Cette unité de jugement n’a été que la désolante conséquence du phénomène Houellebecq, traité dans Ci-gît Paris, et loin d’avoir pris fin, elle s’étend comme une vague morne sur une plage lisse.
Depuis, rien, toujours pour la même raison, à moins de transfuge comme ce site.

L’absence d’opposition à cette ferveur unanime, et le manque d’une quelconque herméneutique de cette subite foi, la négation de tout jugement contraire à celui de l’intelligentsia d’alors (et d’aujourd’hui), et surtout la véritable agressivité, la violence, le mépris et la pitié avec lesquels étaient reçus les très rares infidèles ont proprement soit poussé les uns à se convertir, soit plongé les autres dans l’oubli, soit encore obligé à un repli stratégique.
Ci-gît Paris fait parti, avec Blanc, et Ariste, des exilés.
De retour.

concept

Dans «l’abject», comme elles l’ont nommé, les élites ont vu «le réel» et «le vrai», mais était-ce le juste ?
Ci-gît Paris, écrit l’été 2005, sans aucune connaissance du contenu du roman unique, démontre par avance, en imagination, à croiser les thèmes de Houellebecq, leur impossible existence mais leurs conséquences réelles, et développe la logique de l’aberration du «phénomène Houellebecq».
La question n’est pas la critique de Houellebecq et de sa production, mais de comprendre la genèse de ce phénomène, et à qui il profite.
Le livre, son contenu fut-il terrible et sombre mais aussi sans ampleur, ne peut être, pour nous élever, d’un peu à passionnément, et ainsi nous protéger de la sauvagerie, qu’une estrade, pas un échafaud. La Culture qui récuse que nous soyons des êtres médiocres dont le seul avenir soit le suicide est celle que l’auteur défend. Et la seule qui soit, quiconque l’Europe élise comme grand écrivain.
Quoique jamais citées en leur nom, Les Particules élémentaires de Houellebecq sont le point de départ dans Blanc de la propagande critique de Miel au sein de la rédaction du magazine féminin où elle œuvre et de sa dénonciation de la littérature dite contemporaine. Ci-gît Paris, pamphlet d’anticipation, reprend ce propos de manière plus froide et permet aussi de reformuler la thèse de Soland, dans Blanc, pour aboutir à la pensée tridimensionnelle.
Ci-gît Paris procède par chapitres courts, concis, avec une ombre poétique, et un ton engagé.

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